Le Lot cette semaine : quand l’art et le mouvement redessinent les paysages

28 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Occitanie · Lot

Le Lot cette semaine : quand l’art et le mouvement redessinent les paysages

Cette fin septembre dans le Lot, le territoire se transforme en une scène où se croisent les mains qui créent, les pas qui explorent et les voix qui résonnent. Pas de folklore ici, mais une série d’invitations à entrer dans des univers où l’on ne fait pas que regarder : on fabrique, on écoute, on pédale, on chante. Le département se révèle sous un jour plus intime, celui des savoir-faire partagés et des mobilités repensées.

L’art comme porte d’entrée sur le monde

Parmi les propositions qui marquent cette semaine, l’exposition Sanctuaire, conçue par la dessinatrice Solmiris à Saint-Cirq-Souillaguet, s’impose comme un coup de cœur. Ce n’est pas une simple exposition : c’est une expérience graphique où le noir et blanc devient une langue à part entière. Les traits de Solmiris, d’une précision presque chirurgicale, captent des instants où l’eau – thème central de l’exposition itinérante – se fait miroir, frontière ou refuge. Le lieu, une ancienne grange aménagée, ajoute à l’atmosphère : on y entre comme dans un sanctuaire justement, où chaque dessin semble murmurer une histoire. À quelques kilomètres de là, à Saint-Céré, Yvonne Calsou ravive la mémoire d’un autre lieu chargé de poésie : le jardin de M. Chaudun. Trente ans après sa disparition, ce jardin reste un mystère pour beaucoup. L’exposition, qui mêle sons, photos et dessins, ne se contente pas de raconter : elle fait revivre l’esprit d’un homme dont la passion pour les plantes a marqué toute une génération. Un hommage discret, mais puissant, à ceux qui transforment l’ordinaire en extraordinaire.

Pour ceux qui préfèrent mettre la main à la pâte, les ateliers de la semaine offrent des échappées créatives inattendues. À Fons, la ferme des Alpagas propose une immersion dans l’univers de ces animaux attachants, suivie d’un atelier de feutrage. L’occasion de découvrir une laine d’une douceur rare, tout en apprenant une technique artisanale qui relie l’homme à l’animal. Plus original encore, l’atelier de tataki-zomé à Montcléra, une technique japonaise ancestrale qui consiste à imprimer des feuilles et des fleurs sur tissu à l’aide d’un maillet. Une façon de capturer la beauté éphémère de la nature, sans peinture ni encre, juste avec la force des pigments végétaux.

Bouger autrement : la mobilité comme acte collectif

Figeac prend les devants cette semaine avec une programmation dédiée à la mobilité douce, dans le cadre de la Semaine européenne du même nom. L’événement ne se contente pas de promouvoir le vélo ou la marche : il interroge notre rapport aux déplacements, entre besoins individuels et enjeux collectifs. Parmi les temps forts, la randonnée à vélo organisée par BicycLot promet de révéler des itinéraires méconnus, loin des axes saturés. Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, l’atelier d’auto-réparation de vélo, proposé par l’association La Roue fédère, est une pépite. Dans un esprit DIY et solidaire, il permet d’apprendre à entretenir son deux-roues, tout en échangeant avec d’autres passionnés. Une initiative qui rappelle que se déplacer, c’est aussi prendre soin de son environnement et de sa communauté.

À Rocamadour, la mobilité prend une autre forme avec la Croq’balade, un stage de carnet de voyage de quatre jours. Josine, guide conférencière et artiste peintre, y propose une approche sensorielle du paysage : dessiner, noter, observer, pour mieux s’approprier les lieux. Une façon de ralentir, de prendre le temps de voir ce que l’on traverse trop souvent sans le regarder. Et pour clore cette semaine en musique, Sylvain Roux, musicien traditionnel du Périgord, donnera un concert où le fifre et le bâton de pèlerin deviendront les instruments d’un voyage sonore à travers les terres du Sud-Ouest.

Des lieux qui racontent l’histoire, bien au-delà des pierres

Si ces événements ponctuent la semaine, le Lot regorge aussi de lieux permanents qui méritent le détour. L’abbatiale Notre-Dame de l’Assomption au Vigan-en-Quercy, par exemple, est un témoignage rare de l’art gothique dans la région. Construite à la fin du XIIIe siècle, elle est le dernier vestige d’un enclos monastique aujourd’hui disparu. Son architecture sobre, mais élégante, en fait un lieu de recueillement où l’on perçoit encore l’écho des siècles passés. Plus au sud, l’abbaye de Marcilhac-sur-Célé, longtemps ignorée des visiteurs, se dévoile comme un joyau caché. Nichée entre des falaises calcaires, elle évoque une cité perdue, où l’histoire gallo-romaine se mêle à celle des moines bénédictins. Un lieu qui invite à la contemplation, loin des sentiers battus.

Enfin, pour ceux qui cherchent une expérience à la fois spirituelle et artistique, l’abbatiale Sainte-Marie de Souillac s’impose. Connue pour sa représentation du prophète Isaïe, sculptée avec une expressivité rare, elle est un chef-d’œuvre de l’art roman. Mais au-delà de ses trésors architecturaux, c’est un lieu où l’on ressent une forme de permanence, comme si les murs eux-mêmes portaient la mémoire de ceux qui les ont bâtis et priés.

Cette semaine dans le Lot, les propositions ne manquent pas pour ceux qui cherchent à sortir des sentiers touristiques. Qu’il s’agisse de créer, de se déplacer autrement ou de plonger dans l’histoire, une chose est sûre : le département se vit autant qu’il se visite.

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